Casa particular hospitalière

Episode 4

Nous sommes tous tour à tour des îles à double tour - Les enfants du Vedado.La Havane 2002 © Gwenaëlle Sachet

Nous sommes tous tour à tour des îles à double tour – Les enfants du Vedado.La Havane 2002 © Gwenaëlle Sachet

J’arrive dans le quartier du Vedado à la Havane : une femme m’ouvre sa porte.C’est une casa particular non déclarée bien hospitalière.

Lorsque je reprends mes notes de ce mois de février 2002 à la Havane, je décide de ne pas donner le nom des personnes chez qui j’ai séjourné car à chaque fois l’invitation n’était pas déclarée. Les transformer en une lettre est peut-être aussi la suite de la paranoïa que j’ai sentie à la Havane. Je leur donne une lettre de l’alphabet car ils m’ont donné une chambre.
Arrivée à l’aéroport, je partage le taxi avec une anglaise pour aller dans le Vedado. J’arrive à 22h30. Je passe le portail et je traverse le petit garage pour aller frapper à la première porte. C’est une femme qui m’ouvre. Je lui demande si elle connaît la Señora  Z.

-« Ah si ! » répond-elle.

Elle me dit de ressortir et de longer la maison pour ensuite prendre l’escalier sur ma gauche et de monter au deuxième étage. Elle m’indique la porte. Je frappe. Z m’ouvre et je me présente. Je lui fais une bise, j’entre, pose mon sac-à-dos à côté de la porte et m’assieds  sur un des deux rocking-chairs à côté de la porte. J’ai sorti les paquets que l’on m’avait donnés pour elle et la voisine. Elle les a ouvert, a regardé les habits et lu la carte. Elle m’a ensuite fait voir la chambre qu’elle avait de libre. C’est une chambre avec un grand lit deux places, une salle de bain à partager avec la chambre voisine qui est libre. Il y a un meuble pour ranger mes affaires avec sur le dessus une sainte auréolée en plâtre. Je vois deux pots avec deux roses rouges en plastique, un calendrier de 1999. Il y a aussi un ventilateur sur pied et une glacière transformée en table de nuit avec une petite lampe.

Dans la pièce principale, il y a du carrelage en losange blanc, des murs blancs, portes et portes fenêtres peints en marron. La petite fenêtre donne sur une cour. Le voisin d’en face est à 60 centimètres. La porte-fenêtre donne sur un balcon d’où l’on voit d’autres balcons et des toits plats en terrasse, quelques antennes de télévision et des escaliers en colimaçon allant vers les toits. La mer fait un petit carré entre les maisons. Je ne vois personne aux fenêtres. J’entends le bruit des voitures au loin. La télévision est posée sur un petit meuble en bois avec trois petits napperons. Il y a un éléphant en porcelaine et sur les étagères une Barbie à côté d’un pot de terre. Puis vient le gros pot de fleur posé par terre avec les tournesols en tissus. Je compte quatre assiettes accrochées à différents endroits sur les murs. Dans l’aquarium, il y a un poisson minuscule à côté de la grande table de verre.

Je sais qu’il est possible de trouver des chambres à 5 dollars la nuit mais que 10 dollars est en général le prix proposé. Je propose 5, 6, 7 dollars à  Z.

Elle ajoute : « Ce sera uniquement avec le petit-déjeuner. »

Nous continuons à discuter pour voir combien elle pourrait me faire payer si elle me prépare le repas du soir. Elle me dit que ce ne sera «  pas moins de 10 dollars ». Ce sera donc 10. Je pose mes affaires dans la chambre. Je me sens à l’aise dans la maison. Le premier soir Z m’envoie acheter du café  dans un magasin « Rapido ». Elle me donne 5 dollars pour un paquet de café qui coûte 3,50 dollars. J’ai passé 3 jours chez Z et j’y ai photographié la statuette d’une sainte posée au-dessus d’un meuble et entourée de deux fleurs rouges, d’un bidon en plastique blanc et d’un réveil. Cette photographie représente pour moi le culte de la Santeria qui utilise des images religieuses des saints et des saintes. Les fleurs rouges et le fait d’être à Cuba le confirme. Mais le bidon et le réveil à quoi servent-ils ?

Gwenaëlle Sachet