Embargo et anthropologie

Episode 3

Nous sommes tous tour à tour des îles à double tour - Salle d'attente du Bureau Municipal de l'habitation.La Havane 2002 © Gwenaëlle Sachet

Nous sommes tous tour à tour des îles à double tour – Salle d’attente du Bureau Municipal de l’habitation.La Havane 2002 © Gwenaëlle Sachet

A la Havane, je rencontre l’anthropologue Jesus Gancho Perez et la responsable du Centre d’Anthropologie de la Havane.

Ma représentation de ce que j’appelle mon enquête de terrain sur les casas particulares à la Havane m’a conduit au Bureau Municipal de l’habitation du quartier de La Havana Vieja en février 2002. Je voulais que l’on m’explique les démarches administratives que l’on est censé faire pour obtenir une licence pour louer une chambre à un étranger. C’est précisément ce que n’avaient pas fait ceux chez qui j’avais été. Cela me permettait de confronter la loi aux pratiques du quotidien. J’ai pris en photo la salle d’attente de ce bureau.J’en suis repartie avec un vieux livre de registre qu’utilisent ceux qui déclarent les locataires étrangers. C’était sûrement parce que la discussion avec l’anthropologue Jesus Gancho Perez m’avait marqué.

J’étais allée le voir à la Fondation Fernando Ortiz pour discuter de ma recherche sur l’économie informelle que représente les casas particulares. Je voulais savoir si des anthropologues avaient déjà fait des recherches sur cette question du tourisme et du marché noir. Je lui ai expliqué mon intérêt pour ces maisons. J’avais la possibilité de discuter avec des gens qui le faisait depuis plusieurs années et qui avaient commencé à me raconter leur expérience : le fait qu’elles n’avaient été autorisées qu’en 1993 avec l’autorisation du dollar à Cuba. Mais ce n’est qu’à partir du 29 mai 1997 qu’une licence payable en dollars est devenue obligatoire. Il savait que ce thème avait déjà été traité d’un point de vu économique mais disait qu’il serait intéressant de faire une enquête de terrain anthropologique.

La responsable L’Institut Cubain d’Anthropologie de la Havane m’a dit que les thèmes de la médecine et de l’économie étaient deux sujets impossible à traiter parce que Cuba était un pays en guerre : une guerre en temps de paix. Je lui expliquais que je faisais une enquête de terrain sur les casas particulares à la Havane. Selon elle, les progrès en terme de médecine tels que la recherche de vaccins et le développement du tourisme à Cuba étaient deux points centraux contre lesquels les États-Unis luttaient. Elle disait que c’était deux sujets auxquels on ne pouvait pas toucher et que l’on ne me laisserait pas les aborder dans le contexte politique qu’est l’embargo.

Nous sommes tous tour à tour des îles à double tour - La plage oubliée.La Havane 2002 © Gwenaëlle Sachet

Nous sommes tous tour à tour des îles à double tour – La plage oubliée.La Havane 2002 © Gwenaëlle Sachet

 

Gwenaëlle Sachet