Obtenir un visa

Episode 2

Nous sommes tous tour à tour des îles à double tour - la ville respire.La Havane 2002 © Gwenaëlle Sachet

Nous sommes tous tour à tour des îles à double tour – la ville respire.La Havane 2002 © Gwenaëlle Sachet

Mais dans mon cas cela était facile.J’avais la nationalité française et je demandais un visa pour un mois pour Cuba.

C’était un visa de tourisme. Avant de me rendre au Consulat de Cuba à Paris en février 2002,j’ai décidé d’aller voir sur les sites internet.Je faisais une recherche par mot-clefs. Les moteurs de recherche m’envoyaient sur des sites.En février 2002,la plupart des sites internet que je trouvais sur le logement à La Havane soulignaient le fait qu’au moment de la demande de visa de tourisme il ne fallait pas dire que l’on comptait aller dans une casa particular, dans une maison particulière ou privée.

La casa particular sous-entendait que la location n’était pas déclarée. J’ai téléphoné à une agence de voyage pour en savoir plus. La jeune femme me répondait que son agence de voyage ne faisait pas les démarches pour obtenir les visas de tourisme. Son conseil était qu’il fallait que j’aille au Consulat en pouvant justifier trois nuit d’hôtel réservées. Elle m’a donné le nom de des agences de voyage Défriftour et Lastminute.com pour faire une fausse réservation que je n’ai pas faite.J’ai décidé de lire le guide de voyage Lonely Planet sur Cuba :

« Tout voyageur arrivant à Cuba doit en principe avoir réservé trois nuit d’hôtel, mesure destinée à les inciter à acheter un séjour où à réserver des chambres dans les hôtels gérés par l’état. Les agents de l’émigration de l’aéroport vous demanderont probablement de présenter votre bon d’hôtel s’ils vous soupçonnent de ne pas avoir de réservation.

Depuis 1993, année où les cubains ont eu le droit de posséder des dollars, un marché florissant d’hébergement a vu le jour. Les voyageurs peuvent désormais choisir de louer une chambre dans une maison cubaine dans la plupart des villes et stations balnéaires.

Le gouvernement qui possède et gère pratiquement tous le hôtels, complexes touristiques et villages de vacance de Cuba, n’a vraiment pas apprécié cette évolution : le décret n°171 de juillet 1997 a imposé des taxes rigoureuses à ses casas particulares dans le but de les rendre moins compétitives que les hôtels d’état et de récupérer des sommes considérables.Pour obtenir une licence, les propriétaires doivent désormais payer chaque mois une taxe de 100 à 250 dollars par chambre, selon qu’ils hébergent des vacanciers ou non. L’opérateur débourse en outre 45 dollars par mois s’il veut mettre un panneau devant sa maison pour indiquer qu’il a des chambres disponibles, et une taxe supplémentaire est perçue s’il offre la possibilité de parking. »

Nous sommes tous tour à tour des îles à double tour - vision de rue. La Havane 2002 © Gwenaëlle Sachet

Nous sommes tous tour à tour des îles à double tour – Vision de rue. La Havane 2002 © Gwenaëlle Sachet

Dans le préfabriqué collé au Consulat de Cuba à Paris, il y avait deux personnes derrière les vitres des guichets. Assise sur un banc, j’ai attendu une dizaine de minutes en entendant au loin la conversation d’une femme au guichet qui disait venir pour son fils qui était à Cuba et qui voulait se marier avec une cubaine.Pour mon visa il fallait que je paye 20 euros en chèque. J’hésitais à dire où j’allais être hébergée et pour simplifier je voulais répondre que je ne savais pas encore. Quand l’homme du guichet m’a demandé si j’allais en casa particular j’ai fini par dire oui. Je me suis rendu compte que ce n’était peut-être pas aussi secret que ça.

Gwenaëlle Sachet